Après l'admiration, la crispation. A mesure que la Chine sort de ses frontières en multipliant les acquisitions, la crainte d'une déferlante menaçant nos intérêts vitaux grandit en Occident. Fantasme ou réalité ?
C'est devenu une quasi obsession. Après un mélange de stupeur et d'admiration devant la formidable montée en puissance de la Chine, voici venu le temps de la défiance. En Occident, et singulièrement en Europe, une peur sourde s'installe. Il ne se passe plus une semaine sans qu'une initiative chinoise affole les milieux politico-économiques de nos vieux pays. Cet automne, le feuilleton Draka a illustré mieux que d'autres cette soudaine crispation. En novembre, le néerlandais est l'objet de trois offres de rachat. Sur les rangs, le français Nexans, l'italien Prysmian et un invité surprise : le chinois Tianjin Xinmao. L'enjeu : devenir le numéro un mondial des câbles industriels... Après plusieurs semaines et des réactions en cascade, le prétendant chinois, rejeté de toutes parts, retirera finalement son offre. A peu près au même moment, l'Etat chinois, riche de ses 2.800 milliards de dollars de réserves de change, vient au secours de la zone euro en rachetant des emprunts d'Etat. Et c'est aussi « l'ombre chinoise » qui se dessine dans l'affaire d'espionnage non encore élucidée qui agite Renault. Des événements parmi d'autres, qui alimentent le fantasme d'une déferlante chinoise incontrôlée sur notre industrie et nos finances. Une inquiétude entretenue par les prises de position anxiogènes de plusieurs hauts responsables. « Si la Chine gagne, l'Europe perdra son savoir-faire », déclare fin 2010 le commissaire à l'Industrie, Antonio Tajani. « Il est important pour l'Europe de défendre ses entreprises le mieux possible. » Mieux, comme aux Etats-Unis, Bruxelles cherche aujourd'hui à mettre en place une autorité ad hoc qui serait chargée de passer au peigne fin les investissements chinois.
Croissance et réserves de change
Mais qu'en est-il vraiment de ce nouveau péril jaune ? A la lumière des statistiques, la menace d'une Chine qui ferait main basse sur Vieux Continent est encore très exagérée. Même multipliés par plus de trois en un an, les investissements directs chinois en Europe (3,35 milliards de dollars en 2009) restent inférieurs à ceux de l'Europe en Chine (plus de 5 milliards). Et la série d'acquisitions réalisée ces derniers mois, type Volvo ou Cerruti, ne doit pas faire oublier les contrats géants que continuent d'engranger les firmes européennes sur le sol chinois. Pourquoi, dès lors, ce changement de perception ?
Sorti renforcé de la crise de 2008, désormais deuxième puissance économique mondiale devant le Japon, l'empire du Milieu est passé depuis deux ans en mode offensif. Il continue d'afficher d'insolents taux de croissance : + 10,3 % en 2010 après 9,2 % en 2009 et 9,6 % en 2008. S'il reste encore un acteur de second rang en matière d'innovation, il a entrepris de combler son retard. De 20.000 publications scientifiques en 1998, le pays est passé dix ans plus tard à 112.000.
Quant aux entreprises chinoises, nourries pour la plupart aux joint-ventures signés avec les étrangers, elles cherchent désormais des relais de croissance à l'extérieur et se muent en réels concurrents des occidentaux. Le bal a été ouvert dans les télécommunications, avec Huawei ou ZTE, très offensifs dans les pays en développement. Les pétroliers ont suivi. Demain ou après-demain, ce sera au tour des fabricants de TGV ou de centrales nucléaires.
Contrats d'approvisionnement
De leur côté, les dirigeants sillonnent le monde et multiplient les contrats d'approvisionnement en matières premières, en Asie centrale, tandis que, en Afrique subsaharienne, ce sont plutôt des terres agricoles et les ressources naturelles qui ont été l'objet de leurs convoitises. Partout sur la planète, le pays étend son influence, multipliant l'ouverture des instituts Confucius ou des bureaux de l'Agence Chine Nouvelle.
A cette expansion chinoise répond une inflexibilité de ses dirigeants dans les instances internationales, qu'il s'agisse de défendre le yuan ou leurs intérêts commerciaux. L'OMC (Organisation mondiale du commerce) met régulièrement en avant l'absence de réciprocité dans les affaires qui était pourtant une condition de base à l'entrée de Pékin dans l'Organisation mondiale en 2001.
Sur le terrain diplomatique aussi, le ton chinois se durcit : fin 2010, le Japon a payé le prix fort pour l'arrestation de l'équipage d'un chalutier chinois qui avait heurté un de ses bâtiments militaires. En représailles, Pékin a interrompu un temps ses livraisons de terres rares. Une réaction disproportionnée, mais que le monde occidental capte comme autant de signaux négatifs, comme la marque d'une intransigeance. « Depuis un an ou deux, il y a une prise de conscience des pays développés et l'image de la Chine n'est plus aussi positive qu'avant », résume Valérie Niquet, analyste auprès de la Fondation pour la recherche stratégique.
Via MICHEL DE GRANDI, Les Echos
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Car
pour faire le fromage de Laguiole ou l’Aligot de la Jeune Montagne, il faut du lait cru et entier A.O.C. produit sur le plateau. Et si aujourd’hui il est en grande partie issu de la production
des Simmental, la coopérative vise pour 2013, 10% de la production assurée par des vaches Aubrac qui retrouveraient ainsi leur ancienne vocation laitière (la coopérative vient de lancer la Prime
Génétique Race Aubrac). Et la Coopérative Jeune Montagne, dont près de 40% du lait collecté est transformé en tome fraîche destinée à l’aligot, veut aller plus loin et travaille depuis 3 ans
maintenant à une réimplantation de la pomme de terre Bintje sur le territoire d’Aubrac.
« Si l’État nous soutient, c’est de bon
augure. Cela signifie que nous avons comblé nos lacunes. » Henry Blanc a l’optimisme mesuré. Comme tout bon Lozérien, le conseiller général de La Canourgue, membre actif de l’Association de
valorisation de l’espace Causses et Cévennes (Avecc), est un homme prudent. C’est donc avec prudence qu’il accueille la décision conjointe des ministères de la Culture et de l’Environnement de
soumettre, au comité du patrimoine mondial de l’Unesco, le dossier de candidature des paysages cévenols et caussenards.
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